CAMPAGNAC
470 habitants (les Cabassols)
alt. : 729 m - superficie : 4 188 ha
http://www.campagnac.fr/
Campagnac, chef-lieu de canton, est situé sur le territoire du Parc Naturel Régional des Grands Causse, à quelques kilomètres de la Lozère et sur la route des Gorges du Tarn. Depuis le 28 juin 2011, la commune est également inscrite dans la zone tampon du territoire "Causses et Cévennes" classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.
La ligne de chemin de fer Paris-Béziers, via Neussargues, dessert la gare de Campagnac-St Geniez située à 2 km du bourg.
Son histoire
Campagnac s’est probablement développé autour d’un relais gallo-romain, étape sur la voie antique qui reliait Rodez au Gévaudan. Le bourg garda l’activité qui était à l’origine de sa création et au XVIII° s. encore, des muletiers et des voituriers y avaient leur résidence.
Le radical “ac” signifierait “domaine de”. On peut ainsi penser que deux grands propriétaires se sont partagé le territoire : CAMPANIUS aurait donné CAMPAGNAC (domaine de Campanius) et CANIS ou CANINIUS aurait donné CANAC (domaine de Canis ou Caninius).
Cette région s’est, dès l’origine, consacrée à l’élevage (chevaux, mulets, brebis,..), d’où découlèrent diverses activités : le tissage en relation avec St Geniez et le Gévaudan, l’affinage du Bleu des Causses, ...
Dans le Haut Moyen Âge, il est vraisemblable que le domaine gallo-romain ait laissé place à un établissement régulier, dédoublé ici autour de deux églises, celle de Canac et celle de Campagnac.
Au XII° s., Conques y fonde une sauveté. Pendant longtemps l’église principale est Canac, Campagnac “n’ayant ni cimetière ni fonds baptismaux”. Au XIV° s., le bourg prend de l’importance et le siège de la paroisse est transféré à Campagnac . Au début du XVI° s., une muraille entoure la ville.
Campagnac est alors bien modeste en superficie et les familles les plus aisées cherchent à sortir des remparts, surtout au XVIII° s. Les belles demeures de cette époque et les mesures à grains sur “la Place” rappellent l’activité commerciale que connut la cité de par sa position routière.
À la fin du XVIII° s., la population de Campagnac se répartit entre quelques familles de “bourgeois marchands”, de nombreux tisserands, cordonniers, sabotiers, tailleurs, laboureurs… Vers 1760, on y introduit la filature du coton, outre celle de la laine pratiquée traditionnellement, ce qui fait un appoint pour l’économie des domaines. Il ne semble pas que la période révolutionnaire ait particulièrement marqué la vie des habitants. Pourtant, sur 42 personnes condamnées à mort dans l’Aveyron, 6 étaient de Campagnac. La fin du XIX° s. fut marquée par 2 faits importants :
- le chantier de la ligne de chemin de fer “Paris-Béziers” : l’arrivée de centaines d’ouvriers, remplissant les cabarets pendant leurs loisirs et séduisant les jeunes filles, provoquera un trouble important dans la population.
- la démolition de l’église romane, en 1895, dont certaines parties dataient du IX° s., pour laisser place à l’église néo-gothique actuelle.
Le tympan de l’église, représentant le martyre de Sainte Foy, est l’œuvre de l’artiste Casimir Serpantié. À l’intérieur, un retable du XVII° s. avec quinze médaillons dorés sur fond azur figure les mystères du Rosaire.
Ses monuments
Datant du XIV° s., le petit manoir fortifié de Beaufort, de construction typiquement caussenarde, se trouve près de l’église. Propriété de “noble Pierre Castan”, il est vendu en 1478, ainsi que diverses terres féodales, par sa fille à Maître Pierre Rotgier (Rogery), notaire dudit lieu de Campagnac. Deux tours rondes flanquent les angles sud et ouest du corps de logis. Trois bretèches subsistent, en bon état de conservation. La demeure, propriété privée, appartient à la famille Serpantié. De la placette aménagée derrière la mairie, on aperçoit l’édifice.
La maison située juste face à l’église, avec sa fenêtre trilobée, est certainement la plus ancienne du village. La “maison Roux” avec sa fenêtre moulurée et sa corniche au lion sculpté rappelle une certaine richesse architecturale.
Aux alentours
Canac : site gallo-romain et ancienne nécropole. Source du ruisseau de la Serre, affluent de l’Aveyron (aire de pique-nique).
Eglise romane de Canac : Placée sous le patronage de Saint Cyr et de Sainte Juliette, sa mère, martyrisés vers 303. Cette église est remarquable par l’apposition de deux périodes romanes successives (XI° et XII° s.) et deux “écoles” locales (haute vallée du Tarn et vallée du Lot). Elle a été agrandie de chapelles aux XIV° et XV° s. et remaniée dans les parties hautes au XIX° s. C’est une église à abside et absidioles, celle du sud ayant disparu. À l’intérieur, deux pierres romanes remarquables : la pierre d’autel et une autre, scellée sous la fenêtre de la chapelle nord, avec trois arcatures et la représentation du soleil, d’une étoile et de la lune. Sans doute faut-il y voir une invocation à la Vierge, reine du ciel : l’église de Perse, à laquelle Canac fut unie, porte en son tympan une figuration de la Vierge couronnée, entourée de la lune et du soleil. Statue en bois de Saint Cyrice (fin XIII° s.).
En partant vers Saint Urbain,
Le Saint Sépulcre : à l’Est, à mi-chemin entre Campagnac et Saint Urbain, s’élève une chapelle, jadis lieu d’un pèlerinage annuel, construite au XVIII° s. , sur une partie certainement plus ancienne. De ce site, l’on jouit d’un beau panorama sur la vallée du Lot, l’Aubrac, Saint Laurent d’Olt et la Lozère, Ajas et la falaise de Montplô. Un décor rustique représentant une mise au tombeau décore le llnteau de la porte. L’appareillage visible à l’intérieur, ainsi que des réemplois manifestes (pierre à larges cupules réutilisée dans le " tronc ") témoignent de l’existence d’un édifice plus ancien. Lors d’un nettoyage aux abords, une clé datable du XV-XVI° s. a en effet été découverte.. L’enduit extérieur porte des graffitis de scieurs de long.
La Plancelle : un peu plus à l’Est. Spectaculaire panorama sur la vallée du Lot et l’Aubrac, les villages de Verteilhac et Canilhac en Lozère.
Saint Urbain : site gallo-romain, fontaine avec double voussure et four à pain.
Autres fours à pain à Canac, Caumels et au Viala.
Le long des chemins, à leurs croisements et au cœur des villages s’élèvent de nombreuses croix en pierre ou en fer forgé. Certaines datent du XVII° s., comme celles de Curvale et de Saint Urbain.
Le moulin de Moulineau : entre Campagnac et la gare, abrita une usine de soufflets, jusque vers 1950, qui exportait une partie de sa production en Afrique du Nord.
Le Monnet : près de la gare de Campagnac. Une léproserie y était implantée.
Dans tous les hameaux, subsistent des maisons anciennes, des maisons fortes à Aigues-Vives et au Ginou, des maisons du XVIII° s...















